Hypertension Artérielle du Sujet Agé.

 

 

Épidémiologie : enquête de Framingham.

 

-- L’HTA Systolique touche 40 à 50% des et 30 à 40 % des de >60 ans

n      La prévalence de l'HTA systolique isolée chez le sujet âgé est en moyenne de 11 %, rare avant 50 ans elle atteint 20 % à 80 ans. On a donc une prévalence qui augmente avec l'âge.

n      La PAS  augmente  avec l’age de façon linéaire  jusqu’à 80- 90 ans alors que la PAD augmente jusqu’à 50 ans puis diminue (par perte d’élasticité des parois artérielles et diminution de compliance à diminution de la contrepulsion aortique)

 

-- Prévalence > chez la   et le sujet de race noire 

-- l'HTA systolique est un facteur de risque cardio-vasculaire majeur même à un age avancé

·        il existe un effet délétère encore plus prononcé de l'HTA systolique chez le sujet âgé :

l'élévation de la pression artérielle notamment systolique chez le sujet âgé ne doit pas être considérée comme physiologique. D'une part, elle n'est pas une conséquence inévitable du vieillissement, d'autre part, elle est le principal facteur de risque de morbidité et de mortalité cardio-vasculaire chez le sujet âgé.

·        La relation entre la pression artérielle et les événements cardio-vasculaires est plus prononcée chez les sujets âgés de 65 à 94 ans que chez les adultes de 35 à 64 ans.

·        Au-delà de 65 ans les maladies cardiaques et cérébro vasculaires sont responsables de 50% des décès : cf. tableau 1

·        il existe une relation entre le niveau de tension artérielle et l'apparition des événements cardio-vasculaires. Le risque d'événements cardio-vasculaires (ECV) augmente avec l'élévation de la pression artérielle :

-- l'HTA systolique pure est plus nuisible que l'HTA systolo-diastolique ou que l'HTA diastolique pure.

   Si PAD ¯  et PAS ­ à risque par DC  cv  +++

  Si  PAD et PAS gardent le même écart : risque moindre

-- l’HTA systolique X 2 à 4 le risque d’AVC

-- Chez le sujet âgé la PAS et la pression pulsée P°P (ou différentielle) ont un plus fort rôle prédictif :meilleurs marqueurs pronostiques de morbi-mortalité cardio-vasculaire chez le sujet âgé.

-- La P°Pulsée [= PAS-PAD = P° différentielle.] est un facteur de risque cardio vasculaire indépendant de   la PAM. La PAM reflète le niveau moyen du régime de pression artérielle. Elle se calcule par la formule PAM=PAD+(PAS-PAD)/3

 

 

 En Conclusion quelle type de PA prendre en compte pour évaluer le risque CV chez l’hypertendu ? (1 =1er choix ;  2=2éme choix ; 3 =3éme choix)

♂ <50 ans ou ♀ <60 ans : 1 PAS et PAD   ;3 P°P

♂ 50-70 ans ou ♀ 60-80 : 1 PAS ;2 P°P

♂ >70 ans ou ♀ > 80 ans : 1P°P ; 2 PAS ;3 PAD

 

 

                 

-- L’efficacité du TTT antihypertenseur est maintenant démontrée dans tous les types d’HTA :

·        ↓ de 45% le risque d’AVC et de 15% le risque coronarien (Fletcher et J Hypertens 1994)

·        le traitement concerne    6 à 8 % de la population de 60 à 69 ans

                                                  12 à 16 % de la population de 70 à 79 ans

 

La physiopathologie de l'HTA systolique :

 

1 ↓ de la compliance artérielle :

  •   de la Vélocité de l'Onde de Pouls : VOP inversement proportionnelle à la compliance
  • réflexion plus rapide de l'onde incidente

→ ↓  relative de la P.A.D.

                          +                                   ====> ↑ p° pulsée (pas- pad)

            → élévation plus rapide du pic de P.A.S.

 

2 ↑  des résistances vasculaires périphériques :

·          de la pression artérielle moyenne PAM : par modification de la réponse des récepteurs bêta-adrénergiques

·          de la rigidité artérielle : avec l'âgé existe une perte d'élasticité des parois artérielles avec remplacement graduel de l'élastine par du collagène. Ceci a pour conséquence d'abaisser la compliance du lit artériel et d'accroître la post-charge. L’­ de la rigidité Ao est responsable de l’­ de la P°P (par ­ de la PAS et  de la PAD)

·        la ↓  associée de la sensibilité du baro réflexes cardiaque intervient certainement dans :

o       l' ↑  de la variabilité tensionnelle

o       la ↓  des phénomènes adaptatifs à l'hypotension orthostatique du sujet âgé

 

 

 

 

 

Le diagnostic de l'HTA systolique :

 

le diagnostic de l'HTA systolique repose sur :

n      des mesures conventionnelles :

o       recommandation de l'OMS : cf. tableau

o       au moins 3 mesures à 2 consultations

o       diagnostic difficiles du fait de la variabilité de la tension artérielle et de la rigidité artérielle.

CLASSIFICATION DU JNC VII 2003

n      La mesure ambulatoire de la pression artérielle :intérêt si

o       Variabilité inhabituelle des chiffres tensionnels lors d’une consultation ou de consultations successives

o       Hypertension due à l’effet «blouse blanche»

o       Symptômes évoquant des poussées hypertensives

o       Hypertension réfractaire au traitement médical.

Les valeurs moyennes à la MAPA de jour sont inférieures de 10 à 15 mmHg pour la PAS et de 5 à 10 mmHg pour la PAD. On retiendra 135-85 en période diurne et 120-75 en période nocturne.

n      l'auto mesure :mesure en fait la PAM .Criticable. Dérèglements fréquents. Ré étalonner tous les 6 mois l’appareillage.

n      l'existence de signe d'alarme : HTA symptomatique

n      l'existence d'une hypotension artérielle

n      Comment prendre en compte la P°P ?: des études suggèrent qu’une P°P>55mmHg en ambulatoire et >60mmHg en clinique seraient les limites normales supérieures

  

Les bénéfices du traitement sont prouvés :

Plus encore que la preuve de la responsabilité de l'hypertension artérielle dans la survenue des événements cardio-vasculaires, la démonstration des bénéfices thérapeutiques, établie tant dans l'hypertension systolo diastolique que dans l'HTA systolique isolée justifie ici la prise en charge thérapeutique de l'HTA du sujet âgé.

·        Bêtabloquants et diurétiques diminuent chez le sujet âgé la morbi-mortalité : -34 % des AVC , -19 % des événements coronariennes, -12 % de la mortalité globale

·        les inhibiteurs calciques Nifédipine, Nitrendipine (étude SYST-EUR) : -42 % des AVC, -30 % des événements coronariennes, une diminution des démences vasculaires ou dégénératives diminution de tous les événements chez les diabétiques.

 

Prise en charge d’une HTA  :

 A.     Quel bilan proposer ?

·        Mise en évidence de causes d’HTA identifiables ( SAS ;Iatrogènie  corticothérapie, réglisse ;néphropathie chronique ;hyperaldostéronisme primaire ; pathologie vasculo rénale ; Cushing ; Phéochromocytome ; Pathologie thyroïdienne ou para thyroïdienne)

·        Evaluation des facteurs de risque

n      tabagisme

n      obésité

n      dyslipémie fréquente chez le sujet âgé

n      sédentarité

n      microalbuminurie ou ¯ de FG< 60ml/mn

n      diabète (surtout de type II chez le sujet âgé)

n      âge > 65 ans pour la ♀  et > 55 ans pour ♂

n      sexe : ♂ ou ♀  ménopausées

n      antécédent familial de maladies cardio-vasculaires précoces : chez les ♀ <65 ans et chez les ♂ <55 ans

·        Evaluation des pathologies associées

·        Recherche d’une atteinte d’un organe cible

n      atteintes cardiaques :

§         hypertrophie ventriculaire gauche : (ECG ;Echo)

§         angor/infarctus du myocarde (Clinique, ECG ,Coro )

§         antécédent de revascularisation coronarienne

§         insuffisance cardiaque

n      antécédent d'accident vasculaire cérébral (AVC transitoire ou constitué)

n      néphropathie ( cl créat, protéinurie, µAlb)

n      maladies vasculaire périphérique ( ¯ ou abolition des pouls ; doppler)

n      anévrysme aortique

n      rétinopathies.( Stades I, II, III, exsudat, hémorragie ,œdème, et lésions d’artériolosclérose rétinienne)

 

·        Anamnèse avec recherche des ATCD personnels et familiaux et Examen clinique

o       à la recherche d’une pathologie artérielle et d’une sténose de l’artére rénale en particulier

o       existence d’un OAP suggérant une Sténose de l’artére rénale

o       sueurs ,céphalées, palpitations du phéochromocytome 

·        Bilan biologique :

o       Hématocrite

o       l'ionogramme sanguin, K

o       créatininémie avec calcul de la clearance de la créatinine selon la formule de Cockroft,

o       bilan d'une anomalie lipidique,

o       glycémie,

o       calcémie

o       TSH ultrasensible

·        FO

·        bandelettes urinaires protéinurie, hématurie

·        électrocardiogramme : ECG

·        échocardiographie si signe d'appel clinique et/ou ECG

·        écho vasculaire si point d'appel clinique.

 

B.Stratégie de prise en charge de l’HTA systolique du SA :

 

1 Objectifs du traitement antihypertenseur :

·        ↓ de la morbi mortalité cardio-vasculaire inhérente à l’HTA et à  ses complications

·        amélioration de la compliance et de la tolérance

·        individualisation du traitement tenant compte du risque cardio-vasculaire global

·        objectif tensionnels visés :

→ au minimum :PAS<160 mm de Hg

→ au mieux : :PA<140/90 mm de Hg si bonne tolérance clinique ou < 130/80 si diabète ou IRn. chronique

→ et PA > 100/70 mm Hg

2 Prise en charge adaptée à la stratification du risque cardiovasculaire :

·         facteurs de risque cardio-vasculaire majeurs :

·         atteinte des organes cible : fréquente

La stratification du risque cardio-vasculaire et du niveau tensionnel entraîne une prise en charge thérapeutique adaptée

Il est à noter que l'âge > 60 ans fait partie des facteurs de risque majeur dans la stratification du risque cardio-vasculaire. Les sujets âgés hypertendus sont donc d'emblée au minimum dans le groupe B. (à risque intermédiaire) de la stratification du risque établi par le JNC VI.

 

3 Le traitement:

 

1). critères de traitement :

-- si P.A.S.> ou = 160 mm de Hg

-- si P.A.S.> ou = 140 -- 150 mm de Hg et si :

·        facteur de risque cardio-vasculaire associés ce qui par définition est le cas de la PA (l'age est un facteur de risque)

·        autres affections cardio-vasculaire : angor, insuffisance cardiaque, AVC...

·        Diabète ; insuffisance rénale

·        règle hygiéno-diététiques insuffisante après un mois de prise en charge.

 

2) . qui traiter ? :

quelque soit l'âge, il faut traiter . Mais il faut prendre en compte « la personnalité » du sujet âgé :

 

Il ne faut donc pas oublier que chez ces patients âgés :

·        les « fausses » HTA sont fréquentes

·        les pathologies vasculaires fréquemment associées

·        les facteurs de risque cardio-vasculaire souvent présents

·        d’autres pathologies sont souvent associées

·        qu'il faut prendre en compte l'autonomie, l'environnement familial, les fonctions cognitives

·        que les fonctions rénales hépatiques sont souvent altérées

 

3) . Quelle stratégie utiliser ? :

 

Selon les recommandations du JNC VII voir algorythme suivant

si hypertension artérielle systolique isolée non compliquée du SA :

-- en première intention des diurétiques en particulier thiazidique :

·        hydrochlorothiazide ou Esidrex 25

·        chlortalidone ou Hygroton

·        Indapamide 1 ou Fludex

·        Ciclétanine ou Tenstaten

·        Xipamide ou Chronexan, Lumitens

-- ou épargneur de K

-- ou en deuxiéme intention des inhibiteurs calciques de demi-vie longue :

·        dihydropyridine : Nicardipine ou Loxen, Amlodipine ou Amlor, Félodipine ou Flodil, Isradipine ou Icaz, Lacidipine ou Caldine.

La dose initiale des médicaments peut-être initialement la moitié de la dose préconisée chez l'adulte plus jeune.

 

-- escalade thérapeutique :

·        si objectifs tensionnels non atteints :

une bithérapie sera instaurée. Intérêt des associations minidosées

voir une trithérapie si HTA réfractaire ( trithérapie dont 1 diurétique) mais celle-ci ne devra avoir lieu chez le sujet âgé qu'après avoir vérifié l'observance du traitement, la résistance au traitement, la persistance de l'hypertension dans sa réalité par une auto mesure où une MAPA

si hypertension artérielle systolique associée à une autre pathologie :Tableau 5

          Pathologie associée

Préférer en

première intention

            Deuxième choix

Éviter

CI :contre indication

PE:précaution d’emploi

        Insuffisance cardiaque

-Diurétiques thiazidique pour la rétention H²O-NA

-IEC

-Bbloqueur à faible dose et ­ progressive

-+/- spironolactone 25 si pas d’hypoK ou Amiloride

 

-ARAII si IEC mal tolérés

CI :Verapamil Diltiazem qui ­ l’IC

PE :Inhibiteurs Calciques DHP

       Dose usuelle des Bbloqueurs

 

Post Infarctus du myocarde

-Bbloqueur (sans ASI)

-et IEC surtout si dysfonction VG

 

-Vérapamil LP si pas de dysfonction VG

-Spironolactone

 

 
Dysfonction sinusale     CI:Vérapamil, Diltiazem   bêtabloquants,     
Diabète + protéinurie

IEC dans le type I

ARAII dans le type II toujours en association aux diurétiques

 

  PE : Bbloqueur
Dépression, démences    

PE :agoniste d’action centrale     Bêtabloquants ,diurétique+lithium

CI :reserpine Aldomet®           Catapressan ®

 

Asthme     Bbloqueur
Insuffisance rénale sévère et si protéinurie >1g

Diurétiques de l’anse furosémide

+/- thiazidique et IEC et ARAII

 

 

PE :Diurétiques épargneur de K

       Prudence avec les IEC et ARAII si hyper K>5,5 ou si creat ­  de >30%

CI : si stenose de l’AR bilaterale ou sur rein unique avec IEC et ARAII

 

Syndrome nephrotique avec proteinurie Association diurétique et IEC ou ARAII (éventuellement tous associés ?)    
AVC

-Diurétiques

-IEC en association avec diurétique ( Coversyl®+ Fludex®)

 

   
Angor -Bbloqueur

Inhibiteurs Calciques non dihydropyridinique 

(sauf angor spastique)

 

CI :dans l’angor d’effort les IC DHP
Tachycardie ou AC/FA

Bbloqueur 

Verapamil 

Diltiazem

   
AOMI

Inhibiteurs Calciques

IEC

 

  CI : Bbloqueur non cardio sélectif

Hyperthyroïdie

Tremblements

Migraines

Bbloqueur    
Syndrome de Raynaud Inhibiteurs Calciques    
Hyperuricémie Losartan si pas de lithiase urique (uricosurique)   PE :diurétiques
Dysurie +/- alpha bloquant si pas d’IC    
Ostéoporose hypercalcémie Thiazidique    
Insuffisance veineuse     PE:Inhibiteurs Calciques
Hépatopathie     PE :labetalol
Patho gastro     CI: Aldomet

PE: BBloqueur réserpine

Rhumato +AINS     PE: IEC,ARAII,

 

Le traitement antihypertenseur idéal :

·        utilise des médicaments faciles à prescrire

·        bien toléré, et non contre-indiquée avec l'âge

·        sans interaction avec les autres médicaments

·        débutera à demi-dose et sera augmentée progressivement

·        la mono prise est le traitement idéal

 

 4) . Règles hygiéno-diététiques :

·        pas de régime désodé strict chez la PA

·        activité physique régulière 30 minutes/j

·        limiter la prescription de sédatifs et d’alcool

 

C SURVEILLANCE DU TRAITEMENT

Nécessité d'une surveillance accrue : terrain fragilisé

-- la surveillance clinique :

·        s'assure que les objectifs tensionnels sont atteints : l'étude HOT (Hypertension Optimal Treatment) a récemment montré que le risque minimal d'événement cardio-vasculaire majeur était observé à une tension artérielle moyenne sous traitement de 138,5/82,6 mm Hg.

·        Vérifie l'absence d'effets secondaires indésirables du traitement dont les conséquences sont plus graves chez le sujet âgé et demandent un dépistage précoce :

-- hypotension excessive (attention la circulation cérébrale)

-- hypotension orthostatique plus fréquente (attention aux chutes)

-- malaise lipothymique

-- déshydratation ; troubles hydro-électrolytiques

-- insuffisance rénale (surtout fonctionnel)

-- troubles neuropsychologiques

-- surveillance par auto mesure possible

-- surveillance par MAPA : le JNC VI Report a statué sur des normes de valeur tensionnelle mesurées à la MAPA de <135/85 mm Hg le jour et <120/75 mm Hg la nuit. Il existe être nocturne entre 22 h et 6 h et un creux post-prandial 2 heures après le repas principal.

 

HTA : Conclusions

·        très fréquente chez le sujet âgé

·        facteur de risque majeur de mardi mortalité cardio-vasculaire : surtout vasculo cérébrale

·         à intégrer dans le risque cardio-vasculaire global

·        à traiter même chez le sujet > 80 ans

·        traitement de première intention dans l'HTA systolique isolée : inhibiteurs calciques, diurétiques

·        un constat : peu d'hypertendus âgés sont bien contrôlés. 34 % des patients traités par une monothérapie conservent des chiffres > 160/90 mm Hg

·        en offrant à chaque hypertendu âgé une prise en charge personnalisée, adaptée à son profil tensionnel, son terrain et son risque cardio-vasculaire le médecin peut améliorer l'observance efficacité du traitement à long terme.